Colette Gbédjékan, fondatrice de Secret Agro, est une jeune femme ambitieuse de 25 ans. Entrepreneure béninoise, elle a créé une entreprise florissante spécialisée dans la transformation de fruits en jus, la production d’ananas et la culture maraîchère. Malgré les difficultés qu’elle a rencontrées depuis la création de son entreprise, elle est déterminée à se développer et à réussir.
Colette a démarré son activité avec une modeste somme de 25 000 FCFA. Elle était encore au lycée lorsque l’idée de devenir entrepreneure lui est venue. A l’époque, elle était déterminée à mettre en pratique tout ce qu’elle avait appris à l’école. Elle commence donc par produire petit à petit chez elle. Mais plus tard, elle ressentira le besoin d’aller plus loin et de développer son activité.
Des projets d’accompagnement qui ont changé la vie de Colette
L’année de soutenance de Colette, un projet appelé BeniBiz a été lancé. C’était un projet dédié à l’accompagnement des jeunes femmes entrepreneures. Colette a postulé à cet appel à candidatures et a été sélectionnée. Elle a suivi une formation par module de quatre mois. Cette formation a complètement changé sa vie. BeniBiz lui a demandé de chercher un endroit propre et d’installer ses équipements. Elle n’avait rien à l’époque, mais dès qu’elle avait un peu d’argent, elle achetait des équipements et des fournitures.
Elle a donc commencé modestement avec un four à trois pierres et un extracteur de jus. A la fin du projet BeniBiz, les gens commençaient à la connaître sur le marché, dans la commune, dans les départements du Mono-Couffo et du Zou. Un autre projet, Enabel-DEFIA, aidera la jeune entrepreneuse à acquérir du matériel. Il s’agissait d’un projet dédié à l’appui aux entrepreneurs dans la production d’ananas. Enabel-DEFIA lui a fourni plusieurs équipements, dont un groupe électrogène de 5 kVA, un gros extracteur, des foyers à gaz et des bassines.
Défis rencontrés sur le chemin de l’entrepreneuriat
Le plus grand défi de Colette a été d’affronter le découragement. Au début, personne ne croyait en elle, pas même sa famille. Elle s’est sentie très frustrée parce que ses parents ont refusé de la laisser aller au lycée alors qu’elle souhaitait devenir ingénieur agronome. Cela ne l’a pas découragée pour autant et, pendant cette période, elle a réussi à convaincre ses parents.
Comme pour toute jeune entreprise, le financement est l’un des principaux défis auxquels est confrontée la fondatrice de Secret Agro. Elle finance ses activités avec ses propres fonds et l’aide de sa famille. « Je travaillais aussi avec Plan International Bénin et c’est là où je trouvais un peu de financement, que j’investissais dans l’entreprise ». Elle construit actuellement son usine sur un terrain que lui a donné son frère aîné. Sa demande de prêt auprès d’une institution financière pour financer la construction de l’usine ayant échoué.
Aujourd’hui, Colette est compétitive sur le marché grâce à la qualité de ses produits. Ses études en agronomie et les formations qu’elle continue de suivre lui permettent d’innover. « Je produis ce qui n’existe pas dans la commune. Par exemple, personne ne faisait les jus de pastèque. C’est moi qui ai commencé à produire, avec du tamarin, des confitures d’ananas et de papaye », confie-t-elle. La jeune entrepreneure mise également sur des emballages et des étiquettes attrayantes afin d’attirer les clients.
Des projets à moyen et long terme pour développer ses activités
Colette est ambitieuse et a plusieurs projets à moyen et long terme. Elle compte obtenir cette année l’autorisation de mise sur le marché pour que ses produits soient certifiés par l’ABSSA et exportés à l’extérieur du pays. Elle couvre actuellement les villes de Cotonou, Calavi, Parakou, Tanguiéta, Lokossa, Azovè et Klouékanmè. Elle prévoit également de construire sa propre usine d’ici 2024 afin de créer davantage d’emplois pour les jeunes. Colette entend également encourager les futurs entrepreneurs à se lancer dans le secteur agroalimentaire.
Colette Gbédjékan est un exemple pour les futurs entrepreneurs qui souhaitent se lancer dans la transformation agroalimentaire. Elle leur conseille de croire en eux, d’avoir confiance en eux, de persévérer et de prendre des risques. Colette est convaincue que l’entrepreneuriat est le meilleur moyen d’atteindre ses objectifs et qu’il est important de rester positif quoi qu’il arrive : « Je conseille aux jeunes de chercher à entreprendre même s’ils travaillent comme salariés. L’entrepreneuriat peut les aider à atteindre leurs objectifs. Le salaire seul ne suffit pas », a-t-elle déclaré.