Pehah Jacques SORO, des pinceaux au service de la femme africaine.

Les œuvres de PEHAH SORO ne laissent personne indifférent. Artiste ivoirien de renommée internationale, il a fait le pari de consacrer ses pinceaux à magnifier la femme dans la société africaine. Né à Korhogo, ville située du nord de la Côte d’Ivoire, PEHAH est le quatrième d’une fratrie de cinq enfants. Il puise son inspiration dans les riches traditions Sénoufo et les paysages envoûtants de son enfance. «C’est là-bas que j’ai tout appris, c’est là-bas que j’ai appris à peindre. La culture sénoufo rime avec ma vision artistique,» confie-t-il. Les noms « PEHAH » et « SORO » qu’il porte possèdent une signification profonde, qui reflète sa personnalité et son cheminement. « PEHAH » signifie «sois tolérant, sois patient», tandis que « SORO » se traduit par «celui qui n’a pas peur, qui ne recule devant rien». Son parcours artistique, qui a débuté en 2006, est forgé par des années d’apprentissage et de dévouement, marquées par la rigueur des enseignements religieux et la sagesse ancestrale transmise par sa famille.

L’enfance de PEHAH SORO, marquée par la rigueur et les enseignements religieux, a contribué à façonner son identité artistique. Il se souvient encore : «la première fois que j’ai dit à ma maman que j’étais premier, elle m’a dit que ce n’était pas difficile d’être premier». Les moqueries qu’il a essuyées dès le bas âge de la part des autres enfants ont contribué à faire de lui un homme travailleur qui aime les défis. Cette leçon de modestie et de persévérance est restée gravée en lui, en influençant sa quête constante d’excellence. La spiritualité est également un pilier dans les œuvres de l’artiste. «Les artistes ont un rapport particulier avec Dieu. L’art en Afrique est beaucoup influencé par le spirituel,» dit-il. Pour lui, chaque tableau est une confession, une manière de communiquer avec quelque chose de plus grand.

PEHAH SORO met en avant le rôle et les réalités des femmes africaines dans ses œuvres. À travers ses tableaux uniques et riches en émotions, il donne de la voix aux femmes africaines. Une manière pour lui de valoriser tous les sacrifices que consentent les femmes pour le bien-être familial et par ricochet celui de la société toute entière. « Il faut qu’on repense à notre système éducatif, au rôle que joue la femme dans le processus éducatif de l’enfant. La femme, c’est la cheville ouvrière de la famille. On dit éduquer une femme, c’est éduquer une nation. Je pense que Dieu est une femme », dit-il. Cette conviction se reflète dans toutes ses créations, influencées par sa mère et sa femme. Le « Picasso de la Côte d’Ivoire » estime que la contribution des femmes est souvent sous-estimée et il souhaite leur rendre hommage à travers son art. Dans ses peintures, il présente les femmes comme des figures de résilience et de sagesse, des mères et des éducatrices. Ainsi, chaque coup de pinceau, chaque nuance de couleur de l’artiste célèbre la force, le courage et la ténacité des femmes africaines.  

Pour libérer son « génie créateur », PEHAH SORO s’inspire des chants Sénoufo, sa langue maternelle. Musique à fond, pinceaux et peinture au point, l’artiste emporte sa toile dans un voyage imaginaire qui permet d’engendrer des œuvres qui reflètent ses états d’âme et ses inspirations profondes. «Quand mes créations sont accompagnées de musique, j’aime être en joie, dans un état que je souhaite mettre dans mes tableaux,» explique-t-il.

Dans son processus de création, il utilise également des techniques innovantes telles que le relief pour renforcer son message artistique et capter l’attention des spectateurs. Au début, il a intégré la 3D dans ses œuvres pour innover et se démarquer. Aujourd’hui, cette technique fait partie intégrante de son style unique. Il arrive souvent même qu’une simple spatule inspire la création d’une œuvre d’art. « Il y a un tableau que j’ai peint et j’ai utilisé une spatule pour la touche finale de l’œuvre. Je me souviens que je suis entré dans la cuisine et mon bras a fait tomber la spatule. Quand je l’ai ramassée, une idée m’est venue en tête et je l’ai utilisée pour mon tableau », confesse-t-il avec un sourire. Et ce n’est pas tout, car même les affaires de sa femme sont utilisées pour rendre ses œuvres uniques. « Il m’arrive d’utiliser des pagnes, des mèches de madame en plus des ustensiles de cuisine. J’ai déjà utilisé la bouteille de gaz mais j’ai changé d’avis parce que c’était difficile à transporter », poursuit l’artiste peintre.

Entre défis et persévérance.

Le parcours de PEHAH n’a pas été sans obstacles. En tant qu’étudiant à l’école des beaux-arts d’Abidjan, il a dû affronter une pression immense. « La pression était énorme à l’école des beaux-arts d’Abidjan », se rappelle-t-il. Les attentes élevées de ses professeurs et les défis de l’environnement compétitif ont souvent été écrasants. « On pouvait te demander de réaliser trois œuvres en une nuit, et il fallait être prêt à relever le défi », raconte-t-il. Cette expérience a cultivé en lui une résilience et une capacité à persévérer malgré les difficultés. Au début de sa carrière, il a également dû surmonter les obstacles financiers et le manque de reconnaissance. « Quand j’ai commencé, il n’y avait pas beaucoup d’opportunités pour les jeunes artistes en Côte d’Ivoire », explique-t-il. Cependant, son talent et sa détermination lui ont permis de se faire un nom. La première parution de ses œuvres dans un journal en 2015-2016 a marqué un tournant dans sa carrière. « C’est là que j’ai commencé à recevoir des commandes et des invitations pour des interviews. Je me suis dit que les gens commençaient à s’intéresser à ce que je faisais », se souvient monsieur SORO.

Aujourd’hui PEHAH SORO se classe parmi les plus grands artistes peintre de l’Afrique. Pour l’avenir, il a des aspirations claires : «Je veux donner l’envie à des personnes de devenir artistes, influencer les autres de la meilleure façon». Un souhait qui se concrétise à travers son métier de professeur. Enseignant passionné, il transmet son savoir avec la même ardeur qu’il met dans ses créations. «Un artiste, c’est quelqu’un qui aime partager ce qu’il a. Enseigner, c’est transmettre quelque chose,» dit-il. Son expérience d’enseignant influence et enrichit son travail artistique, créant une symbiose entre ses deux vocations. Il souhaite donc utiliser son art pour sensibiliser et apporter des changements sociaux, tout en restant fidèle aux traditions africaines.

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