Parmi les lauréats de l’édition 2022 du Prix africain de développement (PADEV), figure Salomon GANSONRE, DG de GS Revêtements. Un homme au parcours atypique, mais combien inspirant.
Déclaré « Meilleur jeune entrepreneur » dans le secteur du revêtement, Salomon Gansonré est parti de rien pour être cité aujourd’hui en exemple. Dans ses rêves les plus fous, le Burkinabè Salomon Gansonré n’avait nullement songé d’évoluer dans son domaine d’activités : l’aménage ment intérieur. C’est en Côte d’Ivoire qu’il grandit, loin de la terre de ses aïeux. Son père y décède alors qu’il n’a que 11 ans. Pour l’aîné de la famille, le chemin de croix venait de commencer. Il lui fallait apprendre un métier afin de soutenir sa mère dans l’éducation de ses frères. Dans l’automobile, il apprend à la fois la tôlerie, la mécanique et autres petits métiers. Salomon Gansonré a cru trouver en ces métiers la porte du salut. Vaine peine ! Dormir à la belle étoile et sous les hangars de fortune en cas d’intempéries. Parfois le ventre vide mais la tête pleine de rêves. C’est armé de sa foi et de son courage que dans cette quête d’un mieux-être, il fit la connaissance d’un entraîneur de rugby. Grâce à ses performances, il obtint un premier job rémunéré. Il touche 20 000 FCFA mensuellement. Une autre opportunité suivra, une formation dans le domaine du revêtement qui lui était totale ment inconnu. Diplôme en poche, il retourne au Burkina Faso sur la demande d’un établissement de formation, pour partager son savoir et son sa voir-faire. C’était aussi l’occasion pour lui de revoir sa mère après douze années de séparation. Un moment d’intenses émotions entre sa génitrice et lui. Pendant qu’il formait des jeunes au métier, parallèlement, il exécute un premier marché. Et ce, avec brio. Sa décision de rompre son contrat avec son ancien employeur et de s’installer à son propre compte, ne rencontra que railleries, moqueries et prédictions d’échec de la part de personnes qui ne croyaient pas en lui. Pourtant, les sollicitations vont s’enchaîner. Le Tchad, le Congo, le Mali, le Niger et bien d’autres pays de la sous-région sont inscrits à son « tableau de chasse ». Il travaille en étroite collaboration avec les plus grands architectes du Burkina Faso. Disposant désormais d’un équipement de pointe lui permettant de pou voir exécuter tout type de travaux, Salomon Gansonré ne perd pas de vue que pour son tout premier marché, il a dû emprunter du matériel auprès d’un ami. Autrement, il n’oublie pas d’où il est parti : de zéro. Ce prix PADEV 2022 est, pour Salomon Gan sonre, une occasion de regarder dans le rétroviseur, mais aussi de faire de « ses expériences, une lampe qui éclaire derrière lui». «Dans l’entrepreneuriat, il faut oser, mais aussi mettre de l’amour et du sérieux dans ce qu’on fait ». selon le bienheureux entre preneur.